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La métaphore revisitée : Le processus métaphorique selon la «neurosémantique épistémique» de Maurice Toussaint (1936-2010)

Francis TOLLIS



Résumé

L’engagement de Maurice Toussaint contre l’arbitraire du signe – une problématique qui redevient d’actualité –, semble toujours mal connu ou carrément ignoré, bien qu’il ait donné lieu à la publication tardive de son livre en 1983. Il en va de même pour sa théorie linguistique originale, la neurosémantique épistémique, partie mais évadée de la psychomécanique du langage guillaumienne stricto sensu. Encouragée par les recherches sur les formes sémantiques, elle a notamment abordé la métaphore en des termes dynamiques plutôt nouveaux, dans la mesure où elle en fait le fruit initial d’un processus d’engendrement du sens, et non son avatar sémantique tardif et dérivé.
Avec ses échos au sein d’autres approches du sens verbal, c’est cette démarche qui sera présentée ici, avec la certitude qu’elle ne manquera pas d’alimenter le débat.

Abstract

Maurice Toussaint’s commitment against the principle of the arbitrary nature of the sign – a questioning that is coming back into light – still seems poorly understood or even totally ignored, even if it led to the late publication of his book in 1983. The same can be said about his original linguistic theory, epistemic neurosemantics, which is derived – and at the same time stands apart – from the most classic tenets of Guillaume’s psychomecanics of language. Stimulated by research on semantic forms, it deals, among other topics, with the metaphor in dynamic and rather innovative terms, in so far as it considers it as the initial product of the meaning generating process and not as one of its late and derivative semantic outputs.
This is the line of thinking that is presented here, together with the echoes that can be found in other approaches of verbal meaning. It will no doubt contribute to the ongoing debate.

Cet intitulé contient deux éléments de statuts très différents. Le terme de métaphore, d’un côté, semble très familier, même si son approche est probablement plus institutionnelle que réellement consensuelle. L’expression neurosémantique épistémique, en revanche, paraîtra plus énigmatique à beaucoup. C’est pourquoi, au travers de son application au phénomène abordé et malgré une présentation forcément très syntéthique, nous souhaiterions ici la rendre moins exotique.
Bien qu’il soit au centre de son livre de 1983(a), l’engagement contre l’arbitraire du signe du linguiste français Maurice Toussaint, disparu en 2010, semble toujours mal connu ou carrément méconnu1. Il en va de même pour sa théorie cognitive originale, la neurosémantique épistémique, justement, partie mais émancipée de la psychomécanique du langage guillaumienne stricto sensu.
Pour ce qui est de la métaphore, encouragée par les récentes recherches sur les formes sémantiques cette approche l’a abordée en des termes dynamiques réellement nouveaux2. En effet, elle en est venue à en faire le fruit initial d’un processus d’engendrement du sens, plutôt que son résultat sémantique tardif et dérivé3.
Avec les échos qu’elle a indépendamment trouvés dans d’autres études du sens verbal, c’est cette démarche originale et peu connue que l’on se propose de présenter ici.

1. La double hypothèse de la « neurosémantique épistémique »

Le sens, enraciné dans l’action et la perception, prend la forme cyclique du retournement cognitif (TOUSSAINT 1997a : 430)

1.1 De la psychomécanique du langage de Gustave Guillaume à son dépassement

Ayant mis au point une approche très personnelle du langage, Toussaint ne saurait réellement passer pour un psychomécanicien orthodoxe. On l’a néanmoins qualifié d’« authentique guillaumien », et rangé « parmi les héritiers les plus fidèles à l’esprit de Guillaume »4.
Car l’ensemble de sa réflexion est avant tout issu des enseignements de ce dernier5. Cette fidélité, cependant, n’a rien d’une attitude suiviste. En effet, y compris lorsqu’il semble s’en détacher, Toussaint garde toujours le sentiment de se maintenir dans un prolongement « critique » de la psychomécanique, même s’il en jugeait l’idéalisme tout à fait paradoxal. Il ne s’en est donc jamais réellement détourné, certain que Guillaume « peut conduire ailleurs »6.
De la linguistique dynamique et génétique de ce dernier il a finalement privilégié et conservé deux apports importants : 1) l’optique sémantocentrée, qui incite à placer du sens dans tous les morphèmes, aussi bien les grammaticaux que les lexicaux, dans la syntaxe aussi bien que dans la sémantique7 ; 2) le principe de l’opérativité, d’origine humboldtienne8, à l’œuvre dans la production aussi bien que dans la réception-interprétation du langage9, principe dont il a fait la pierre angulaire de sa propre théorie. Mais en plus, des trois avatars de l’idéalisme guillaumien10, il n’a voulu en retenir aucun.
Très tôt il en est ainsi venu à creuser un sillon personnel triplement original. D’une part, en matérialiste convaincu, il a accordé au langage un soubassement neuronique. Avec la caution de trois passages des écrits de Guillaume, il a présenté cette option comme la simple généralisation de la part de matérialisme qui est également présente dans la psychomécanique11. D’autre part, Toussaint a également fait l’hypothèse que les systèmes d’engendrement du sens verbal, tous posés comme isomorphiques entre eux, partagent aussi une même forme oscillatoire, seuls variant les paramètres12 de leurs oscillations 13. Enfin, dans ce modèle il a retrouvé celui de la cognition, entendue comme « phénomène biologique, social, culturel »14, dans la configuration génétique qu’en a proposée Piaget.

1.2 Un même modèle génétique oscillatoire pour tous les systèmes linguistiques (l’hypothèse corticocérébrale)

Une fois généralisée, l’opérativité guillaumienne lui a donc servi de tremplin pour sa propre théorie15.
En effet, dans les mouvements de pensée mis en avant par Guillaume, le postulat neurolinguistique de Toussaint l’a incité à voir des phénomènes (matériels) d’ordre corticocérébral, et à faire de la dimension sémantique de cette activité une réalité physique de même nature16, les signifiés émergeant à différents moments de ces opérations (1995c : 150). Ainsi, conformément à l’hypothèse fondamentale de la psychomécanique, ceux-ci ne sont pas directement ni a priori saisissables, car ils ne sont ni tout faits, ni accessibles, ni disponibles, ni utiles au locuteur tant qu’il n’en a pas réalisé la (re)construction dans le moment même de son besoin expressif. Ignorant tout des coordonnées spatiales de leur représentation, et s’appuyant alors sur leurs coordonnées temporelles, Toussaint suggère de poser que leur état de définition est proportionnel à la durée du processus qui les a engendrés (1983b : 108).

1.3 Un modèle homologue à celui du développement de la cognition selon Piaget

Par ailleurs, dans les dernières conférences de Guillaume des années 1959-1960, Toussaint a clairement décelé le principe de « l’isologie des mouvements en pensée et des mouvements physiques » (Valette 2006 : 241 ; voir aussi 98, 109 et 113-114)17. À partir de là, mais plus radicalement, il a aligné la construction du langage sur le processsus de démarrage et de progression de la connaissance dans la conception psychogénétique qu’en a proposée Piaget, posant ainsi l’existence de « connexions entre les aires sensorielles, les aires motrices, et l’engrammation des signifiés » (Toussaint 1983a : 120).
D’après Piaget, dans les deux premières années de sa vie cognitive le jeune enfant (socialisé) passe par deux paliers. Nourrisson, il subit d’abord la domination des objets, êtres et choses qui l’entourent, sans parvenir à les différencier de son activité propre (Toussaint 1983b : 45-46). Encore soumis à l’objet, il n’est alors que protosujet, une ébauche de sujet qui, en tant que tel, ne saurait construire, en fait d’objet, qu’un protoobjet uniquement saisi de manière perceptuelle (1989 : 46) : bref, dans cette phase de différenciation cognitive minimale on n’a affaire qu’à une connaissance en quelque sorte « égocentrique », de type phénoménologique18. C’est seulement au terme de quelque dix-huit mois que, échappant à l’attraction des choses et des êtres, le jeune enfant en viendra à concevoir l’objet délié de sa perception concrète, autrement dit dans sa permanence, lorsque objet et sujet se révèlent désormais pleinement autonomes et souverains19.
Plus explicitement, des deux modes cognitifs caractéristiques des phases initiale et finale du stade sensori-moteur, de cette volte-face entre sujet et objet en interaction que suggère Piaget, Toussaint croit retrouver la réplique homologique dans la construction générale du langage comme dans la structuration des systèmes grammaticaux qu’il intègre (1989 : 45 et 46 ; 1990 : 11-12) (1989 : 45 et 46 ; 1990 : 11-12 ; 1995c : 159 ; 2004b : 118, § 2.3.1) ; plus précisément, au sein des inversions d’ordre neurosémantique qu’il a mises au jour dans leur analyse :

[Le conflit, la] volte-face épistémique que le modèle cyclique fait voir me semble la figure archétypale de la cognition. C’est dire que dans cette optique les fondements du langage ne sauraient être que perceptuels, sensori-moteurs, physiologiques (1995c : 159 ; voir aussi 2004b : 118, § 2.3.1) 

[…] la langue a la forme de la connaissance. […] la langue, complexe opératif, a la forme de la cognition, la forme de l’adaptation. S’adapter, c’est-à-dire, être dans l’interaction entre soi et un milieu, c’est osciller (1992 : 113).

Côté psychologie comme côté linguistique on a donc 1) un stade phénoménologique ou empiriste et l’ordre protoobjet - protosujet (o - s), faiblement contrastés : le monde advient, sans plus, et l’extérieur informe l’intérieur ; 2) un stade rationaliste et l’ordre sujet / objet (S / O), nettement contrastés : le monde est saisi dans une représentation de lui-même, et c’est l’inverse :

Tout se passe comme si l’oscillation neurosémantique avait un pôle empiriste et l’autre rationaliste et était par conséquent isomorphe au système nerveux central, cet ectoderme envaginé […] (2007b : 130).

Par la mise en scène et la mise en œuvre de ces deux couples inverses formant chiasme le langage parvient à construire un duo d’éléments pareillement inverses : dans le premier, ces éléments demeurent solidaires, avec le second ils deviennent complètement autonomes.
On le voit déjà en français, sur le plan syntaxique cette fois, de la détermination du nom par l’adjectif. Lorsque ce dernier est antéposé, on reste dans le cadre de la protodétermination : lui-même demeure protoadjectif, et le nom protosubstantif. Qu’on les commente en termes impressifs ou en termes ensemblistes, les effets résultants de cette première configuration tiennent tous au manque d’autonomie des deux éléments adjoints : le protoadjectif tend à se fondre et à se dissoudre dans le protosubstantif, si bien qu’« un heureux poète n’est pas forcément un homme heureux ». Dans le cadre de la détermination (authentique), en revanche, leur désolidarisation fait de ces mêmes éléments un authentique substantif (antéposé) et un authen­tique adjectif (postposé), si bien qu’« un poète heureux est un poète et un homme heureux »20 (1989 : 40 et 42-44).
Autrement dit, Toussaint a aligné la bipolarité des structures linguistiques sur l’oscillation proposée par le « constructivisme dialectique » de Piaget, et en a fait la matrice préverbale du langage, lieu d’accueil des systèmes linguistiques (1995a : 20-21). Finalement, à ses yeux, c’est l’installation de cette structure épistémique – voir la figure qui suit –, qui serait responsable du fonctionnement des structures linguistiques isomorphes telles qu’il les a présentées.

tollis fig 1

Par là, son modèle lui semble présenter un double avantage : d’une part, il est doté d’une bonne « généricité », dans la mesure où il fait apercevoir dans la production et l’interprétation du sens « un processus cérébral fondamental » (2003 : 346 ; 2007b : 127 et 130) ; d’autre part, il intègre avantageusement les opérations linguistiques dans l’ensemble des autres opérations humaines, de l’adaptation à la maîtrise intellectuelle (1995a : 20b-21a)21.
Pour revenir sur l’incomplétude de la théorie de Guillaume, rappelle ici Toussaint, ce qui manque dans sa modélisation, c’est le premier pôle antisubjectiviste (protoobjet - protosujet) ; par là, il n’aurait fait que céder à une tentation très partagée. C’est pourquoi, au schéma guillaumien universel vs singulier et à l’oscillation « tronquée » qu’il propose, Toussaint préfère l’espèce cyclique et le clivage du sujet et de l’objet22. De sa propre théorie il a fait un prolongement critique de celle de Guillaume ; il n’en a pas moins souligné en quoi elle rompt radicalement avec elle. Pour l’essentiel, le changement est dû à ce qu’il reproche à son tenseur binaire : d’être fermé à toute morphogenèse du sujet, puisque, dans « le face-à-face Univers / Homme » tous les termes sont donnés comme « “déjà là” et non construits », l’univers et le sujet pensant, soit le monde et moi. Dans la neurosémantique épistémique, il en va tout autrement : elle propose une coconstruction du premier par le second, avec les divers états de leur morphogenèse (2007b : 129-130).

1.4 Un modèle très largement généralisable de la sémantique à la syntaxe

1.4.1 Un modèle retrouvé dans plusieurs systèmes linguistiques

Au départ, Toussaint a élaboré, postulé et adopté son modèle dans le but d’améliorer l’analyse de la chronogenèse de Guillaume – ou construction de la notion de temps grammatical – (voir 2003 : 333, § 1.1), une fois révisée23 et une fois abandonnée la variante ternaire de son schéma bitensoriel24.
L’exposé de cette réanalyse et de ses résultats, cependant, prendrait ici trop de place, et on pourra donc se reporter à Tollis 2014a (§ 4.1.3). On illustrera donc ce modèle sur deux autres cas de figure, plus connus et plus simples, et tout d’abord le problème du déponent latin, souvent très tôt vécu par les apprenants comme passablement exotique ou carrément paradoxal, puisque donné pour morphologiquement passif mais éventuellement actif sur le plan sémantique.
Au lieu de présenter massivement le passif comme un ultérieur de l’actif, Toussaint estime plus performant d’en isoler deux cas de figure, deux états. Le premier correspond au déponent stricto sensu, ou passif initial, engendré par le système dans sa première phase d’hétérogénéisation minimale, à un stade de faible différenciation : il peut délivrer des valeurs alternativement passives ou actives. Le second correspond au passif stricto sensu, ou passif terminal, engendré par le système dans sa deuxième phase d’hétérogénéisation maximale, au stade de différenciation poussée, spécialisé dans le passif. Pour l’entier systémique, on a donc : à l’état initial, 1) irascor 2) irasco, et à l’état terminal 1) amo 2) amor (1987 : 108).
En français bien d’autres systèmes sont analysables de cette manière, mais on s’en tiendra ici à l’article, très souvent mis en avant par la psychomécanique et ceux qui y ont puisé, parce que, à force de circuler, sa présentation a fini par être connue. La systématisation dynamique ordonnée qu’en ont proposée Guillaume et ses successeurs fait de un, en tant que constructeur de particularité, l’antérieur de le, en tant que constructeur de généralité, et propose donc le binôme un → le. Mais en fait, même si avant Toussaint personne ne s’en est apparemment avisé, y compris parmi les plus grands pourfendeurs de la psychomécanique, cet ordre convient uniquement pour les substantifs dits comptables, c’est-à-dire des objets stricto sensu. Pour les autres, en effet, remarque-t-il, les protoobjets, à savoir « les noms de solides, liquides ou gaz, c’est-à-dire, au plan perceptif, de “choses” n’ayant pas de contour propre [ainsi que,] entre autres, ceux qui sont dits abstraits et les emplois dits génériques des objets » (2003 : 338, n. 18), c’est l’ordre inverse le un qui s’impose ; l’exemple du terme beurre suffit à le prouver. D’où sa conclusion : avec son tenseur binaire radical, Guillaume n’a finalement couvert qu’une partie seulement du système dont l’entièreté doit se décliner sous l’espèce d’une inversion de deux couples inverses, car on est bien en présence de deux états objectaux (2004b : 125). Avec la paire le un on a « le pôle proto‑le proto‑un […qui] saisit le dense, le générique des discrets ou ce qu’on décide de ne pas discrétiser » ; avec la paire un  le (2003 : 337) vient ensuite « le pôle [un / le … qui] saisit le discret » (2007b : 12725) :

tollis fig 2

Dans le premier cas, pour les noms massifs, abstraits ou entendus comme génériques, les deux articles sont si faiblement opposables qu’il leur arrive d’être interchangeables, tant sont furtifs les effets de leur alternance. Dans le second, pour les comptables, la même alternance joue au contraire à plein au point que chacun des articles est souvent irremplaçable (2004b : 122, § 2.3.1).
Pour Toussaint, partout on a ainsi une opération structurée en un chiasme AB → B’A’26, comparable à celui de notre organisation cérébrale, puisque « nous sommes des êtres neurologiquement croisés » (1995a : 16a). « L’un des couples d’inverses se formant à un pôle, et l’autre au pôle diamétralement opposé » (1995c : 149), dans ce modèle d’opération il voit donc un « processus cyclique[] ». C’est pourquoi, pour le représenter, il recourt à une courbe sinusoïdale dont les deux lieux polaires (inverses) livrent généralement deux couples sémantiques inversement orientés.
Par de telles confrontations, il en vient à dégager des relations homologiques27, une « analogie de “proportionnalité” » (2003 : 333) – parfois soulignée, au demeurant, par la « concordance sémiologique » entre leur signifié et leur signifiant – qui l’amène à faire entrer les éléments concernés dans une seule et même figure. On peut par exemple donner celle de cette année 2003, dont la facture elliptique, choisie pour sa plus grande lisibilité, maintient les relations établies au moyen de la représentation sinusoïdale : c’est la figure 3 qui suit (ibid. : 333 et n. 9, 341, n. 29)

tollis fig 3

Par cette étude parallèle des formes abordées, Toussaint continue donc de considérer chaque élément linguistique comme « un moment d’un mouvement vibratoire d’ordre neuronique » de cet ordre (1972 : 89, « Résumé »), parce qu’il persiste à croire, en termes très généraux, que les systèmes comportent une réversibilité spatiale28. C’est même cette inscription du « signe dans le temps et l’espace de l’acte de langage » qui lui a très tôt paru faire « s’envoler en fumée l’arbitrarité rêvée dont on l’a souvent revêtu – cet uniforme imposé à la Science depuis Saussure » (1983a : 28).
Ainsi donc, en tant que linguistique cognitive, la neurosémantique epistémique se veut aussi « génétique » : elle établit que, à quelque niveau que ce soit, les phénomènes linguistiques procèdent d’opérations de différenciation, c’est-à-dire de processus allant d’un pôle d’hétérogénéité minimale vers un pôle d’hétérogénéité maximale et pouvant osciller entre ces deux états (2007a : 412, § 1).

1.4.2 Un modèle extrapolable du grammatical au lexical

Son inspiration fondamentalement guillaumienne conditionnait naturellement Toussaint à se pencher d’abord sur les unités à vocation grammaticale, statistiquement les mieux représentées. Mais, parce qu’il demeurait convaincu que sémantique lexicale et sémantique grammaticale devaient être régies par les mêmes processus oscillatoires (1997a : 434, par exemple), elle ne l’a pas empêché de se tourner aussi vers le lexique29 ni de lui appliquer, dès 1969 (1970 : 144), la dynamique du même couple épistémique conflictuel à l’œuvre dans la morphologie. Et de fait, même s’ils nous en disent assez peu sur l’engendrement des signifiés non-grammaticalisés)30, ses écrits publiés contiennent nombre d’exemples pris dans le vocabulaire.

2 Le traitement de la métaphore dans cette perspective

2.1 Son approche renouvelée

En 2007, vu le nombre d’études qui lui avaient alors été consacrées, Toussaint avait pleinement conscience qu’il pouvait paraître risqué de prétendre faire encore des propositions sur un tel phénomène. Il s’y était lancé, cependant, convaincu que son modèle pouvait l’éclairer d’un jour nouveau, par sa nature fondamentalement dynamique mais aussi par sa configuration même, susceptible de faciliter l’approfondissement de la valeur cognitive de cet authentique « processus fondamental de construction du sens ». C’est pourquoi il n’a pas tant cherché à en présenter des études fines comme on en trouve dans la littérature spécialisée qu’à en rendre raison, plus radicalement, à partir d’une hypothèse susceptible de déboucher sur la construction, « au niveau neurologique, de protocoles de recherche expérimentale » (2007a : trad. 413, § 2).
Bref, ce « phénomène linguistique fondamental » (2007a : trad. 412, § 0), qui ne concerne pas les réseaux interlexématiques sur lesquels se structurent le vocabulaire, mais, en chacun de leurs nœuds, le radical du mot31 qui s’y définit (2007a : 413, § 2), Toussaint a voulu l’analyser dans les mêmes termes que n’importe quel autre système de la langue et l’a donc assimilé aussi à une forme oscillatoire.
Pour commencer, il a choisi de prendre départ à une présentation qui, selon ses propres termes, l’a aidé à mieux « comprendre ce qu’il faisait » lui-même : celle qui est proposée dans la théorie des formes sémantiques de Cadiot et Visetti. En relation avec l’antiobjectivisme gestaltique de la phénoménologie, ceux-ci ont mis en avant le trio motif, profil et thème, qu’il convient d’entendre comme des « régimes entrecroisés du sens lexical » (Cadiot et Visetti 2001), comme l’ensemble des « strates, comme la superposition de régimes dynamiques » (Toussaint 2004b : trad. 125), « comme « une stratification de l’expression, selon des couches […] qui à la fois sont en interdéfinition mais dont la temporalité, la structuration et les ramifications leur sont propres » (Lebas 2012 : 58a). Le motif est une perspective interne au mot qui prend en compte sa vocation tant figurale que générique, indépendante des domaines thématiques. C’est donc un potentiel de sens, au contraire du thème qui traduit la stabilisation et l’actualisation dans et par un domaine “référentiel”, voire aussi “conceptuel” » (Cadiot 2002b : 51, § 4) :

La notion de motif permet ainsi d’exprimer l’affinité et la détermination réciproque, voire la fusion des différentes dimensions du nom (ou ailleurs, de l’adjectif, du verbe) : perception, action, propension, sensibilité, évaluation, etc. Ces dimensions de l’intuition sont d’abord solidaires. C’est cette solidarité qui assure la proximité sensible du figural et du générique. Elle ne se défait qu’en aval dans une série de profilages multiples préparant et annonçant leur spécialisation thématique et/ou leur possible fixation dénominative (Cadiot 2002a : 24, § 4.3).

Alignant relationnellement ces trois termes sur le trio opératif homologue in posse, in fieri, in esse familier des psychomécaniciens, Toussaint estime pouvoir les replacer dans une genèse dont les pôles extrêmes sont entre eux dans le même rapport que les protoformes à l’endroit des formes qu’il a proposé de distinguer (2004b : 125). De toute façon, il est indubitable que ces éléments sont à situer dans un processus qui part du motif pour aboutir au thème via le profilage (2004b : 126).
Du reste, dans le premier, Toussaint croit retrouver mutatis mutandis l’homologue du « pôle d’hétérogénéité minimale » de son modèle, la première phase d’engendrement systémique. Dans la construction progressive et étagée du sens lexical, il s’agit donc d’une élaboration mentale, tout à la fois « neuronale, perceptive, linguistique, socioculturelle », qui autorise sa mise en relation possible avec le sens commun (2007a : trad.414). Au cours de cette phase de différenciation cognitive minimale, on se trouve en présence d’une connaissance de type phénoménologique, celle des premiers apprentissages : par exemple, la connaissance que nous pouvons avoir d’un mur n’est pas celle d’une chose en soi mais de notre contact subjectif avec elle, d’une pratique qui, d’une réalité, ne nous apporte, en amont de toute objectalité, qu’un certain aspect (2004b : 125) : bref, celle d’un

monde d’impressions, de pratiques, de savoirs, microgénétiquement antérieurs au moment où les mots « concrets » peuvent renvoyer à des choses (2007a : trad. 417)

Devant l’Aigle de Meaux vous n’êtes pas sujet devant un objet – ni plumes, ni bec – vous êtes, en deçà de cette dichotomie, dominé par diverses impressions laissées par un prédicateur menaçant (2007b : 130).

En tant que première strate de sens, ajoute Toussaint, c’est dans les emplois métaphoriques et figurés32 que ce motif-là affleure le plus nettement (2007a : § 2, p 413-414). C’est seulement en fin de genèse qu’émergera tardivement le sens apte à une référenciation concrète, « le sens “référentiel” objectal ». Sur le plan de l’acquisition, l’écart épistémique semble se creuser progressivement et de façon variable d’un locuteur à l’autre, un peu comme il se creuse sur le plan diachronique (2005 : 347).
La métaphoricité qui se dégage de l’emploi d’un item, poursuit-il, n’est pas inscrite en lui : elle est plutôt le fruit de sa co(n)textualisation. C’est sans doute pourquoi on l’a parfois associée à une « adaptation », une « transaction », souvent sans s’interroger sur ce qu’elle est au juste et sans se demander si elle en vient à altérer les restrictions de sélection, ni comment, si c’est le cas. Par ailleurs, remarque-t-il, si le recours à la notion d’« inférence » (logique) peut sembler plus rassurant, ce n’est d’aucun secours dans une optique dynamique33 (2007a : 414).
Dans les approches les plus classiques, note Toussaint, la métaphore est le plus souvent évoquée ou décrite en termes négatifs (2007a : 419, § 3.2) ; depuis l’Antiquité elle a été attachée à l’idée de « déplacement » ; plus près de nous, on y a vu soit une addition, soit une soustraction de sèmes (2007a : 416, § 3.1) ; et en 2003, Le Guern n’a pas hésité à parler à son propos d’« inadéquation référentielle » et de « réduction du signifié » (2007a : trad., p. 157-158)34. Selon Toussaint, ces évocations seraient l’effet de l’attrait exercé sur l’analyste par le sens dit propre, soit, en termes plus philosophiques, par un monde objectiviste dans une épistémologie qui tient tout objet pour acquis d’avance (2007a : 414).
Mais dès que, dans l’approche du phénomène par lequel la figuration se cristallise, on tourne le dos à toute tentation objectiviste, ces facilités ne semblent plus nécessaires. Car ici non plus, commente Toussaint, il n’y a de déjà là35 :

[…] le signe linguistique ne renvoie pas à un monde d’objets mais d’expériences, d’un monde vécu plus ou moins institutionnalisé par la langue elle-même et converti en sens commun (Sarfati 1997) (2007a : 417).

L’expression une pluie d’insultes, par exemple, qui ne renvoie pas du tout à une pluie, présente une valeur métaphorique d’essence phénoménologique, puisqu’elle correspond à la situation où, confronté à une expérience, un protosujet se laisse envahir par des impressions uniquement protoobjectales. Dans cette différenciation en cours, à ce compte et en dépit de la terminologie traditionnelle, comme chez Cadiot et Visetti c’est bien l’acception « propre », décontextualisée et épurée, qui dérive de sa correspondante « figurée »36 (2004b : 127, § 2.4.3 et 128-129). Avec cette nouvelle application du modèle comme avec les autres, Toussaint estime demeurer fidèle aux vues dynamiques et continuistes de Guillaume37(1995c : 149 ; 2004b : 114).
Ainsi donc, comme pour n’importe quel autre système, la métaphore peut être approchée sous l’espèce d’un processus microgénétique de différenciation dans lequel différents moments sont à distinguer (2007a : 414). Le fait est, affirme Toussaint, que la pratique métaphorique n’est possible que parce que la langue nous offre des synesthésies et que celles-ci semblent indiquer, soit qu’il peut y avoir « transport » de sens, soit que, dans notre fonctionnement cérébral, il existe un niveau où nous percevons quelque chose avant même de différencier des sens (2007a : 415).

2.2 Son assimilation à une protoforme

2.2.1 Son intégration dans un système propre mais génétiquement commun

Si l’on ne peut guère parler de vocation métaphorique, il faut au moins admettre une certaine capacité métaphorique. C’est en elle que la neurosémantique epistémique invite à voir un processus oscillatoire entre un moment d’hétérogénéisation minimale correspondant au sens qu’on dit « figuré » et un moment d’hétérogénéisation maximale, celui qui est traditionnellement dit « propre » (2007a : 416-417, § 3.1). Dans cette optique, on est donc en présence d’un seul et même système doté de deux valeurs polaires. Et, comme dans les autres systèmes sémantiques à deux phases examinés, la première correspond au premier résultat, non abouti, de la construction lexématique, encore cantonnée, dans la phase de différenciation cognitive minimale, à une connaissance demeurée non objectiviste et faiblement discriminatrice. À ce stade, la connaissance demeure de type phénoménologique, et la forme d’un mot ne donne pas accès à un monde d’objets mais d’expériences, à un monde vécu, éventuellement cristallisé en sens commun. C’est sans doute ce qui a si souvent valu à la métaphore d’être évoquée et décrite négativement. Le pôle épistémique étant alors celui du protoobjet - protosujet, la perception reste indissociée de l’action, l’autre pôle sujet / objet et les termes « concrets » capables de faire référence à des choses n’ayant pas encore émergé. Il cantonne microgénétiquement aux termes « abstraits », aux impressions, les uns et les autres limités à des savoirs inaptes à conduire extralinguistiquement vers des entités pleinement objectales (2007a : § 3.1, 416-417). C’est au-delà seulement, lorsqu’il émerge dans la seconde phase, qu’un substantif se révèlera capable de désigner un objet, de renvoyer à une chose : on pourrait dire qu’il joue alors sur le mode indicatif.
Par là, cette conception diffère forcément de celle qui tourne le dos à toute ordination des différentes valeurs discursives dont une entité se montre sémantiquement capable (Schulz 2002 : 35, par exemple,) : elle ne lui accorde qu’un seul contenu, mais le clive en deux états étagés distincts.
Cette présentation va tout à fait dans le sens de ce qui fait raccorder la métaphore à l’émotivité, à l’affectivité, à la subjectivité, à la sensibilité et à l’expressivité. Mais, avec ses ambitions dynamico-topologiques, elle met l’analyse à l’abri de toute équivoque. En effet, au lieu de l’orienter vers un subjectivisme d’aval, tardif et comme indépassable, elle la maintient au contraire dans un amont, dépassable et en attente. Par cette implantation systémique, la métaphore se voit alignée sur ce qui, dans d’autres systèmes de la langue, occupe la phase initiale homologue ; c’est ce qui fait dire à Toussaint, par exemple, que le sens figuré est au sens propre ce que le mode quasi-nominal est à l’indicatif (2007a : 418).
En recourant à la notion d’oscillation, sa théorie emprunte l’image à la physique, là où la théorie des formes sémantiques y puisera ultérieurement celle des « phases » ou des « régimes » du sens, qui, à leur tour, présupposent une spatialisation des phénomènes. Une question demeure cependant : celle de savoir dans quelle mesure, du motif au thème, ces « strates » ou ces « couches » de sens réputé(e)s simultané(e)s, il est éventuellement possible de les articuler sur le concept de microgenèse. Toussaint fait l’hypothèse que cette impression de simultanéité pourrait venir de l’extrême brièveté des oscillations, selon lui de l’ordre de la milliseconde (2007a : 419, § 3.1).
Du coup, le phénomène peut être holomogiquement rapproché d’autres secteurs de la langue.

2.2.2 Sa mise en corrélation systémique en tant que protoforme

En raison de leur homologie dynamique, Toussaint propose d’aligner le sens « propre » sur les formes abouties du mode indicatif et le sens « figuré » sur les protoformes les plus inabouties, celles du mode quasi-nominal guillaumien, à savoir l’infinitif et les participes (2007a : § 3.1).
De même, il suggère l’alignement sur le pôle sémiologique de l’iconicité. En dépit du credo structuraliste de l’arbitrarité du signe linguistique, Toussaint s’est énergiquement battu pour défendre et faire admettre, au contraire, sa nature fondamentalement iconique ou analogique. On ne s’étonnera donc pas que, poussant plus loin la comparaison, il en soit venu à rapprocher la métaphore de cette conception mimétique elle-même.
Exactement comme la métaphore, explique-t-il, qui, sémantiquement et lexicographiquement, est régulièrement dévalorisée et cantonnée à un statut subalterne, l’iconicité est souvent assimilée, elle aussi, à un fait dérivé jugé tellement secondaire qu’une certaine linguistique traditionnelle toujours vivace continue de l’évacuer. Pourquoi ? demande Toussaint : en raison du dualisme dominant qui continue de prôner qu’il y a d’un côté des objets (res extensa) et de l’autre des sujets (res cognitans) pour les connaitre, en somme, bien distincts, des corps face à l’esprit (2007a : 419, § 3.2). Justement, en faisant entrer le signifié dans le signifiant, en introduisant du corporel dans le sens, l’iconicité brouille la ligne de démarcation dualiste : elle donne à penser que le signe ne dit pas « la chose en soi », mais diverses expériences propres à un cadre culturel. Et la métaphore en fait autant. Du coup, une autre homologie se dessine : le sens figuré est au sens propre ce que le pôle initial de l’iconicité du signe est au pôle terminal de son arbitrarité. Cela veut dire que l’une et l’autre occupent la même position avancée dans leurs systèmes respectifs.
Du reste, de cette homologie on a au moins deux traces. D’une part, l’onomatopée, exemple d’iconicité le moins récusé, puisque habilité à entrer dans la macrostructure des dictionnaires, et la métaphore sont souvent rattachés toutes les deux à la sphère de l’expressivité. D’autre part, l’adjectif « propre » est employé uniquement lorsqu’il est exclusivement fait référence à la chose, autrement dit lorsque le signe s’efface devant la chose ou se dissout en elle. Et lorsque, au contraire, le signe s’impose comme iconique ou analogique, donc moins strict, la référence diffère : quelque chose est alors dit du sujet, en tant que (proto)sujet de la cognition soumis à diverses perceptions et actions. En outre, l’emploi de « figuré » tend à laisser croire à l’existence spontanée d’« une intuition de l’iconicité du “signifié” » (2007a : trad. 420).
Au total, iconicité et métaphore, chacune dans son environnement systémique, émergent au même moment dynamique (initial) de moindre hétérogénéité (2007a : 420).

3 Conclusion

La philosophie implicite de la tradition classique, conclut Tousaint, privilégie le point de vue objectiviste. Dans l’optique microgénétique de la neurosémantique épistémique et de ce qu’elle postule au cœur de tous les systèmes linguistiques et de leur organisation bipolaire, en revanche, le monde des choses est précédé d’un monde phénoménologique, donc subjectif, de qualités. Le premier à émerger correspond au pôle initial où le sujet n’est rien d’autre qu’un protosujet encore dominé par un simple protoobjet, tous deux faiblement différenciés, interpénétrés et partiellement solidaires ; le suivant, au pôle terminal où se définissent, bien discriminés, à la fois un sujet autonome et souverain et un objet indépendant (2007a : 420-421).
Ainsi conçue, la métaphorisation est évoquée comme la première des deux opérations d’engendrement de sens qui, dans le droit fil du modèle de Piaget, épousent la forme de la cognition. Contre ce que suggère la doxa, le sens métaphorique n’est plus à tenir pour dérivé, second, subalterne ou altéré. Tout au contraire, fruit d’une appréhension tout juste phénoménologique des réalités mondaines, pour chaque radical lexical il est le premier à émerger, avant que, dans un second temps génétique, la domination subjectale parvienne à isoler, à identifier et à nommer des objets bien dégagés comme tels. À ce titre, quoique ou parce que avant tout contextuel et expérientiel, ce sens dit « figuré » est dynamiquement au fondement du signifié institutionnel de chaque unité du vocabulaire et des capacités référentielles que permet d’exploiter sa mise en situation énonciative.

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Notes

↑ 1 Par exemple, dans l’appel à communications lancé à l’occasion du congrès de Dijon des 20-21 février 2014 sur l’histoire du phonosymbolisme, sur la centaine de références et les quelque quatre-vingts auteurs mentionnés, son nom avait été initialement omis.

↑ 2 Pour l’essentiel, le présent article est issu de la réflexion de Toussaint de 2007a sur la métaphore, ainsi que du travail que nous avons consacré à ce linguiste (TOLLIS, 2014). Ses écrits en espagnol sont cités dans une traduction personnelle (indiquée par la mention « trad.»). Dans le recadrage (post)guillaumien de la métaphore qu’a proposé Librova (2010), cette approche ne semble pas avoir été prise en compte.

↑ 3 Qu’il soit simplement idiolectal, énonciatif et expressif, ou déjà lexicalisé et mutualisé dans la langue partagée.

↑ 4 Valette 2006 : 213 et 239.

↑ 5 « Je ne veux pas être gêné par des pensées convergentes : je veux voir où G. Guillaume, seul, me conduit » (1983a : 24).

↑ 6 1983b : 125.

↑ 7 2004 : 109, § 2.1.

↑ 8 « Peut-être l’héritage humboldtien le plus patent en Europe est-il incarné par la psychomécanique du langage de Gustave Guillaume » (2007a : trad. 412).

↑ 9 2004 : 110 ; voir aussi TOUSSAINT 1967 : 98, notamment, et TOLLIS 1991 : § II.2d, 87-94.

↑ 10 Il s’agit, en fait du spiritualisme idéaliste, du face-à-face de l’homme et de l’univers, et du tenseur binaire radical, rejeté pour son unidirectionnalité sans rebroussement.

↑ 11 TOUSSAINT 2010 : 38-41a. En effet, il est arrivé à son créateur de mentionner « la partie matérielle de la pensée » (GUILLAUME 1929 : 121), d’évoquer l’aide que sa théorie pourrait apporter « aux neurologues et aux neurochirurgiens » (TOUSSAINT 1967 : 99, § 6.2) et d’annoncer le rôle qu’il attribuait, après lui, aux matérialistes (1972 : 73 ; 2010 : 41b). En outre, dans ses inédits il a au moins une fois fait dépendre la pensée d’un certain « chimisme psychique » (en exergue dans VALETTE 2006 : 97), qui, en un sens, opère la synthèse contradictoire de l’idéalisme et du matérialisme.

↑ 12 « Pour fixer un peu les idées sur cette hypothèse neurosémantique, fondamentale, et où je rencontre mes limites, mais à laquelle je suis inéluctablement convié, disons que deux homologues donnés appartiennent toujours à un même moment opératif, mais que les sinusoïdes qui, en première approximation, représentent ces deux opérations ne sont pas nécessairement identiques, amplitude et période pouvant varier d’un système à l’autre et d’une langue à une autre » (1983a : 40).

↑ 13 2007a : 411.

↑ 14 2004 : trad. 106, § 1.2.

↑ 15 On peut voir aussi Tollis 2014 et 2015, ainsi que à paraître 2015a, 2015b et 2015d.

↑ 16 « […] en psychomécanique, […] la structure, qui a gardé son sens latin de “construction” est du monde des corps : elle s’inscrit dans le temps » (1983b : p. 112). Voir encore 1995a : 18a, 2009 : 181 et Tollis 2008b : 133, § 2.1.

↑ 17 En plein structuralisme et chez quelqu’un qui, par ailleurs, avait explicitement justifié l’arbitraire du signe linguistique, c’était déjà novateur.

↑ 18 « La thèse phénoménologique insiste sur l’idée que le sens est d’abord expérience et expression, qu’il doit être perçu et incarné avant d’être (éventuellement) élaboré conceptuellement. À ce titre elle entre en contradiction avec les sémantiques conceptualistes et “objectivistes” habituelles » (CADIOT, 2012).

↑ 19 « L’état protoobjet - protosujet qui ne différencie pas “encore” pleinement, au plan de la constitution des systèmes, un monde objectivé d’avec un sujet, est celui du corps, du corps de l’expérience perceptuelle, avant tout kinesthésique, alors que la perception visuelle est propice à l’objectivisme » (TOUSSAINT 2005 : 347).

↑ 20 Entre les systèmes du genre et de la détermination adjectivale, « l’isomorphie est totale ». Tout de même que dans le cas de la détermination, « avant que ne soit construit le couple masculin – féminin [« pris généralement pour premier »], se forme le couple protoféminin – protomasculin définissant le protogenre. Chaque langue stabilisant un état plutôt qu’un autre ». Par ailleurs, poursuit Toussaint, l’adjectif – c’est ce « qui lui confère le pouvoir de s’appliquer à un nombre variable d’objets différents » – et le féminin ont en commun d’être des mouvements allant du particulier au général – à l’inverse du masculin et du substantif, respectivement (TOUSSAINT 1989 : 42 et 43).

↑ 21 1973 : 223 ; 1992 : 113 ; 1995c : 159 ; 1997a : 424 ; 1997b : 185.

↑ 22 1992 : 111 ; 1995c : 151-152 et 159 ; 1997a : 424 et 425 ; 1997b : 185 ; 2003 : 335-337 ; 2004b : 115, n. 18, 119 et 123 ; 2009 : 181, § 2.2.3.2.

↑ 23 Voir 1967 : 98, § 5.1, 1970, 1972 : 71 et sv., 1983a : 26 et sv., 1983b, 1997b : 189-190, 192-194, 197-2000.

↑ 24 On en trouvera la critique résumée dans 2007b (126-127).

↑ 25 L’original écrit « le pôle le / un », mais il ne peut s’agir que d’un lapsus, comme on le voit confirmé ailleurs : 1992 : 110 et 112, 2002 : 433-434 et 435, 2003 : 337-338, 2004b : 114-116 et 122, 2005 : 342-343, 2007b : 127, 2010 : 39b-40a et 2012 : 253-254.

↑ 26 Dans un chiasme, estime Toussaint on peut voir « la cristallisation d’un processus cyclique » (1992 : 96) ou « la linéarisation d’un processus oscillatoire » (2007a : trad. 416, n. 12).

↑ 27 Pour le système de la personne, certaines ont été signalées : notamment entre les formes temporelles, leur sémiologie variable par thème personnel, les cas, et les désinences de la conjugaison, dans un certain nombre d’idiomes, familiers ou exotiques le confirment (TOUSSAINT 1983a : 44-48).

↑ 28 1972 : 76 et 83 ; 1973 : 227 ; 1983a : 27 ; 1987 : 110 ; 1994 : 438.

↑ 29 1975 : 745-746 ; 2004b : 126-127 et 129 ; 2005 : 345 ; 2007a : 411 ; 2007b : 130.

↑ 30 Il en aborde néanmoins un certain nombre, dont les contenus des verbes du français, leur position relative et leur bipartition en fonction de leur plus ou moins grande particularité lexicale (pour des explications – statistiques –, voir 1983a : 30), le contenu positif / négatif des adjectifs, etc.

↑ 31 Il est arrivé à Toussaint de parler de « lexème » (2007a : 413, § 2), mais ce terme nous semble ici à éviter dans la mesure où, par différence avec le grammème ou morphème grammatical, il sert régulièrement à désigner un morphème lexical. Du reste, il emploie parfois aussi l’expression « unité lexicale » (§ 1) ou « unité linguistique » (414).

↑ 32 Toussaint précise alors que, s’il assimile la métaphore au sens figuré, il la tient pour l’aboutissement du second (2007a : 414).

↑ 33 « Le concept physique de résonance, concède-t-il, serait plus approprié » (2007a : 414, n. 3).

↑ 34 Voir entre autres Kleiber 1994, Schulz 2002: § 0, p. 24-28 et 3.2, p. 29-30 et Cadiot 2002b : p. 38-42 et § 4.1, p. 50-51.

↑ 35 « D’un monde d’objets déjà-là on passe à un monde d’objets à constituer et en train de se constituer » (2004b : trad. 129).

↑ 36 « On ne peut se contenter de l’idée que la signification lexicale est déposée quelque part, dans une sorte de compétence première, en accès direct. Et que le reste (les emplois non immédiatement intuitifs) serait une question seconde, de discours » ; « Quand on les détache du contexte de leur stabilisation, les mots sont toujours entourés d’un surplus de sens, qui anticipe sur des évolutions et qui interdit de les considérer comme détachés de leurs harmoniques figuratives, « germes » pour de nouvelles extensions » (CADIOT 2002 : 41 et 42).

↑ 37 Avec cette nouvelle application du modèle comme avec les autres, Toussaint estime demeurer fidèle aux vues dynamiques et continuistes de Guillaume. Du reste, élargissant encore son champ, à la fois en deçà du langage et à une tout autre échelle, Toussaint pense le retrouver également dans l’histoire des arts, des idées, chaque fois que se produit une importante révolution (1995c : 149 ; 2004b : 114, 127, § 2.4.3).

Pour citer cet article :

Francis TOLLIS, La métaphore revisitée : Le processus métaphorique selon la «neurosémantique épistémique» de Maurice Toussaint (1936-2010), Les avatars de la métaphore, Publifarum, n. 23, pubblicato il 00/00/2015, consultato il 24/03/2017, url: http://publifarum.farum.it/ezine_articles.php?id=319

 

Dipartimento di Lingue e Culture Moderne - Università di Genova
Open Access Journal - ISSN électronique 1824-7482

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